20/01/08
Une ado de 14 ans agressée dans l'indifférence général
Un père de famille est révolté : aucun passant n’est venu au secours de sa fille de 14 ans alors qu’elle se faisait rouer de
coups en pleine rue piétonne. Les agresseurs ont même filmé leurs « exploits » avec leurs téléphones portables
Ce père de famille ne décolère pas. Sa fille de 14 ans a été prise à partie et frappée en pleine rue piétonne… un samedi après-midi. L'agression s'est déroulée dans l'indifférence générale.
QUAND il a vu sa fille revenir en larmes ce samedi-là, David a tout de suite senti qu'il s'était passé quelque chose de grave. À 14 ans, elle a beau être sensible, elle ne
se serait pas mise dans un état pareil pour rien.
Entre deux sanglots, elle parvient à lui expliquer qu'elle vient tout juste de se faire agresser. En pleine rue piétonne. « Elle était allée emmener des devoirs chez une copine. Elle revenait
tranquillement en écoutant de la musique dans ses écouteurs », raconte son père. Trois filles l'ont interpellée en lui disant : « Arrête de te la péter ! »
L'adolescente fait mine de ne pas les avoir entendues, baisse la tête et poursuit rapidement son chemin. Mais cette fois, c'est un jeune homme qui s'en mêle. Il se place devant elle et tente de
l'empêcher d'avancer. La jeune fille finit par trébucher et par tomber.
Une pluie de coups
Recroquevillée sur le sol, elle reçoit une pluie de coups de pied et de coups de poings. Il est un peu plus de 17 heures. La rue est noire de monde en ce jour de soldes. Les passants ne songent
même pas à s'arrêter. A la douleur s'ajoutent la peur et l'incompréhension. « Tu te rends compte Papa, personne n'a bougé ! » explique-t-elle, extrêmement choquée par ce qui vient de lui
arriver.
Le sang de son père ne fait qu'un tour. « Nous sommes tout de suite allés au commissariat pour porter plainte. J'ai expliqué l'agression à la personne qui était à l'accueil qui m'a dit qu'il
fallait fournir un certificat médical. » Ce n'était pas vraiment la réponse qu'il attendait…
« Je me suis énervé, je reconnais que j'ai un peu haussé le ton. A mes côtés, je voyais ma fille s'effondrer un peu plus. Elle commençait à réaliser… Elle s'est rendue compte que par endroit
ses cheveux tombaient. Là où ils avaient été plus violemment tirés… » Sa fille veut quitter le commissariat.
David n'est pas décidé à en rester là, il n'est pas du genre à baisser les bras. « Je voulais crever l'abcès tout de suite en retrouvant ses agresseurs. » Et il parviendra à ses fins
quelques minutes plus tard. « J'ai vu le visage de ma fille et j'ai tout de suite compris qui étaient les filles qu'elle venait de croiser et qui tentaient de s'éloigner rapidement.
»
Elle filme la scène avec son portable
Il les interpelle, les somme de s'expliquer. Elles nient tout en bloc. David les invite à le suivre au commissariat, ce qu'elles refusent de faire. « La plus petite m'a dit : « vas-y tape-moi
! » Et je ne sais pas comment j'ai pu me contrôler… »
Ces cris n'ont pas plus alerté les passants que l'agression qui s'était déroulée un peu plus tôt. « Tout de même, vu de l'extérieur, j'étais un adulte qui hurlait après des adolescentes en
pleine rue ! »
La confrontation prend fin et la fille de David, médusée que des adolescentes se permettent de parler de la sorte à un adulte, annonce à son père : « C'est la plus petite à qui tu viens de
parler qui a filmé l'agression avec son portable…
« Ils ne lui ont rien volé », s'est étonné David, le père de l'adolescente agressée rue piétonne il y a quelques jours. Il a eu le temps de retourner ces événements encore et encore dans
sa tête. « J'ai eu beau y réfléchir, je ne vois aucune provocation dans le comportement de ma fille qui puisse justifier cette violence gratuite. »
Il a culpabilisé de l'avoir laissée rentrer seule à la maison. « J'ai parlé de tout ça autour de moi, c'est un sentiment d'insécurité qui règne. On se rend compte que tout le monde en parle.
Un de mes collègues m'a clairement dit qu'il ne laissait pas son gamin tout seul rue piétonne. Moi je suis sans doute trop naïf, je crois que tout le monde est beau et gentil. »
En attendant, une jeune fille de 14 ans est psychologiquement marquée par cette expérience douloureuse. Des hématomes sont apparus le lendemain qui la torturent un peu plus. « Elle n'arrête
pas d'y penser. Elle se demande ce qu'elle a pu faire pour mériter ça. Elle ne comprend pas. »
Claudine Ledoux, maire de la ville, recevra David le 30 janvier. « J'ai été heureux de pouvoir dire à ma fille qu'on se souciait de son sort. »
C’est une mode d’être lâche???



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