SI, mercredi, le préfet des Ardennes avait tout lieu d'être satisfait du bilan-sécurité « particulièrement calme » dressé la nuit précédente par le
directeur départemental de la Sécurité publique, il n'en a pas moins établi un constat alarmant en ce qui concerne le nombre de voitures brûlées à Charleville-Mézières et Sedan.
« Il est absolument anormal que, dans un département de cette taille, il y ait autant d'affaires de ce type. Une plaie permanente que je n'accepte pas ».
En dépit de décisions fortes et exemplaires prises ces derniers mois par le parquet ainsi que le tribunal de grande instance des Ardennes, et de la multiplication des patrouilles dans les
endroits chauds, le phénomène reste, en effet, très sensible. Il touche malheureusement bien souvent, par ses dégâts collatéraux, une population en difficulté.
Entre janvier et juin 2009, en zone police, 123 véhicules ont été incendiés (dont 38 par propagation de flammes) contre 99 lors de la même période en 2008.
« Des chiffres qui tranchent par rapport à la tendance nationale et régionale, même si un secteur comme Vitry-le-François est lui aussi concerné par des faits similaires. On brûle donc plus dans
les Ardennes qu'ailleurs. C'est comme un mal héréditaire. On a cru un moment que ça allait baisser mais depuis quelques semaines le mouvement a repris de l'ampleur. Ça donne une mauvaise image
des deux villes concernées » constate le représentant de l'Etat.
Violences sexuelles en forte hausse
A l'inverse, en zone gendarmerie, 27 feux de voiture ont été recensés Contre 53 l'an passé. Si cela continue, on ne sera pas loin d'atteindre le chiffre record (plus de 360) établi en 2007, année
de l'élection présidentielle.
« En dépit des arrestations et des affaires élucidées, il y a là une escalade inexplicable ».
Jean-François Savy annonçait dans le même temps des chiffres de délinquance générale en baisse de 3,13 % depuis le début de l'année 2009. Avec 3.775 faits constatés contre 3.897 en 2008. La
délinquance de proximité (vols, destructions et dégradations) a notamment chuté de 10,36 %. En revanche, les atteintes volontaires à l'intégrité physique ont augmenté de 5,38 % avec notamment une
très forte recrudescence des violences sexuelles (+115 %).
Les enquêteurs déplorent aussi une augmentation (+10,95 %) du nombre de mineurs mis en cause dans différentes affaires.